Systématique, Taxinomie et règles d'écriture des noms d'orchidées

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Systématique, Taxinomie et règles d'écriture des noms d'orchidées

Message  eorchids le Mer 20 Fév 2013 - 0:26

Orchidaceae

Les orchidées ou orchidacées (Orchidaceae) sont une grande famille de plantes monocotylédones. C'est une des familles les plus diversifiées, comptant plus de vingt-cinq mille espèces, réparties en plus de 800 genres (attention ça bouge tous les ans !).

Edit : La classification phylogénétique APG IV a été publié en 2016 (Botanical Journal of the Linnean Society). Désolé mais je n'ai pas eu le temps de vérifier s'il existait des modifications notables.

La classification phylogénétique APG III (2009) *, reconnaît une seule famille, les Orchideaceae et considère les 5 lignées comme 5 sous-familles :
• les Apostasioideae : les plus primitives, 2 genres, 17 espèces ;
• les Cypripedioideae : 5 genres et 158 espèces ;
• les Epidendroideae : 578 genres, 21268 espèces, les plus évoluées. Ceux que nous cultivons en majorité, surtout quand on n'aime pas les Paphiopedilum  Cool  ;
• les Orchidoideae : 211 genres et 4914 espèces ;
• les Vanilloideae : 15 genres et 248 espèces.

Tous les genres d’orchidées sont masculins. On doit donc dire « un Phalaenopsis », « un Vanda » etc.

Quelques notions de taxinomie :

La taxinomie (ou taxonomie) est la science qui a pour objet de décrire les organismes vivants et de les regrouper en entités appelées taxons afin de les identifier puis les nommer et enfin les classer. Elle complète la systématique qui est la science qui organise le classement des taxons et leurs relations. Parmi ces méthodes, les plus récentes incluent une nouvelle approche conceptuelle de la classification mais aussi des méthodes d'analyse d'éléments empiriques restés longtemps ignorés de la science avant l'arrivée, au cours de la seconde moitié du XXe siècle, des découvertes de la biologie moléculaire.
Les espèces sont nommées selon le système binominal mis en place par Carl von Linné. Un nom d'espèce est la combinaison de deux mots latins (jusqu'à trois dans certaines disciplines, pour une sous-espèce, variété ou forme) généralement écrits en italiques : un nom de genre, suivi d'une ou deux épithètes spécifiques.

Principaux rangs taxinomiques (à partir de la famille)** :

Famille (sous-famille) / Tribu (sous-tribu) / Genre (sous-genre) / Section (sous-section) / Espèce (sous-espèce) sp. et subsp. / Variété (sous-variété) var. / Forme (sous-forme) f.

Exemple : Laelia anceps subsp. dawsonii f. chilapensis

Famille : Orchideaceae, Sous-Famille : Epidendroideae, Tribu : Epidendreae, Sous-tribu : Laeliinae, Section : Podolaelia, Genre : Laelia, Espèce : anceps, Sous-espèce : dawsonii, Forme : chilapensis

Il s’agit des fameux Laelia anceps « Guerrero », originaire de la région de Chilapa Guerrero au Mexique et pour lesquels il est décrit 4 groupes de fleurs se distinguant par la forme de leur labelle.


Les règles d’écriture des noms d’orchidées  sont :

• le Genre est avec majuscule et en italiques ;
• l’Espèce est sans majuscule et en italiques ;
• le Grex (pour les hybrides) est avec majuscule, sans italiques ;
• les noms de sous-espèce, variété, forme sont avec minuscule et en italiques ;
• les abréviations subsp., var., f. ne se mettent pas en italiques ;
• pour les hybrides primaires (HP) naturels : Genre puis « x » (pas en italiques) et nom en italiques avec minuscule. Pour les HP : même nom (ou pas, si l'hybrideur en a déposé un nouveau) mais avec majuscule, sans italiques et sans le « x » ;
• le cultivar (clone) est en majuscule, sans italiques, écrit entre 2 guillemets simples.

Exemples :  

Cattleya  labiata f. coerulea ‘Junior’ (cultivar d’une espèce botanique dans une forme particulière)
Phalaenopsis x intermedia (HP naturel)
Phalaenopsis Intermedia (HP reproduit par l’homme)
Laelia anceps subsp. dawsonii f. chilapensis
Dendrobium Spring Dream ‘Appolon’ (cultivar d’un hybride)

En pratique quotidienne, il n'est pas indispensable d'utiliser les caractères en italiques, je vous pardonnerai. Cependant, il est souhaitable de respecter les règles un minimum (pour les majuscules, les cultivars etc.).

Comme les Genres changent à toute allure depuis quelques années, il est tout à fait respectable d'utiliser l'ancien genre (devenu synonyme) mais si possible en signalant le nouveau afin que les données soient complètes et facilitent le référencement.
Par exemple : Cattleya (Laelia) purpurata ou l'inverse.
De toute façon, dans la limite de mes connaissances et de ma mémoire, je me ferai un plaisir de vous le rappeler.  Siffleur

* La classification APG III (2009), ou classification phylogénétique, est la troisième version de classification botanique des angiospermes établie par l'Angiosperms Phylogeny Group. C'est la classification botanique la plus importante aujourd'hui. Comme la classification APG et la classification APG II, cette classification est construite à la base de deux gènes chloroplastiques et un gène nucléaire de ribosome, mais ces données sont complétées dans quelques cas par d'autres données.

**
Sous-espèce : au sein d’une espèce donnée, une sous-espèce consiste en un groupe d’individus qui se trouvent isolés (pour des raisons géographiques, écologiques, anatomiques ou organoleptiques) et qui évoluent en dehors du courant génétique de l’espèce de référence.

Variété : ce rang, intercalé entre celui de « sous-espèce » et celui de « forme » permet de circonscrire et de regrouper plus finement un ensemble d’individus (une population) différant légèrement des autres individus conspécifiques, par un ou plusieurs caractères considérés comme mineurs, c’est-à-dire ne justifiant pas la création d’une nouvelle espèce, car ils possèdent par ailleurs tous les caractères diagnostiques entrant dans la définition de cette espèce. Il s’agit le plus souvent de différences morphologiques (anatomique), chimiques ou organoleptiques (couleur, odeur), écologique (habitat, substrat), caractères qui sont censés évoluer en dehors du courant génétique de la variété type.

Forme : c'est la plus petite coupure taxinomique dans la systématique et la classification du monde vivant, la plus proche de « l’individu » en présence. Plus encore que le rang variétal, le choix du rang formel indique que la population d’individus ainsi circonscrits ne diffère de l’espèce « type » que par un ou plusieurs caractères considérés comme mineurs sur un plan taxinomique (particularité morphologique, écologique, organoleptique, etc.), comme la « couleur blanche » par exemple.

Cultivar : Le cultivar est une variété cultivée (même si elle a pu originellement avoir comme origine une variété sauvage). C'est un variant qui a été sélectionné et choisi, parfois depuis plusieurs millénaires, pour certaines de ses caractéristiques que l'on a voulu transmettre d’une génération à l’autre, par des méthodes telles que reproduction végétative (clonage), cultures de « lignées pures », autofertilisation, etc.

Les textes d'origine sont consultables sur le net, essentiellement sur Wikipedia. Voilà qui fera plaisir à notre petit homme vert.  merci


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Re: Systématique, Taxinomie et règles d'écriture des noms d'orchidées

Message  vandacee le Mer 20 Fév 2013 - 10:19

En complément, un document sur le site de notre association ( Gmpao )

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Merci André pour le lien qui complète bien le sujet. Wink


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Re: Systématique, Taxinomie et règles d'écriture des noms d'orchidées

Message  eorchids le Jeu 18 Déc 2014 - 17:06

Et pour les abréviations, rappel du code international de nomenclature (Melbourne 2011) :

CHAPTER I. Taxa and their ranks, Article 5

   5.1. The relative order of the ranks specified in Art. 3 and 4 must not be altered (see Art. 37.6 and 37.9).

Recommendation 5A

   5A.1. For purposes of standardization, the following abbreviations are recommended: cl. (class), ord. (order), fam. (family), tr. (tribe), gen. (genus), sect. (section), ser. (series), sp. (species), var. (variety), f. (forma). The abbreviations for additional ranks created by the addition of the prefix sub-, or for nothotaxa with the prefix notho-, should be formed by adding the prefixes, e.g. subsp. (subspecies), nothosp. (nothospecies), but subg. (subgenus) not “subgen.”


CHAPTER III. Nomenclature of taxa according to their rank
SECTION 5. Names of taxa below the rank of species (infraspecific taxa)
Article 24

   24.1. The name of an infraspecific taxon is a combination of the name of a species and an infraspecific epithet. A connecting term is used to denote the rank.
       Ex.1. Saxifraga aizoon subf. surculosa Engl. & Irmsch. This taxon may also be referred to as Saxifraga aizoon var. aizoon subvar. brevifolia f. multicaulis subf. surculosa Engl. & Irmsch.; in this way a full classification of the subforma within the species is given, not only its name.
   24.2. Infraspecific epithets are formed like specific epithets and, when adjectival in form and not used as nouns, they agree grammatically with the generic name (see Art. 32.2).

Et pour d'autres précisions, mais cela devient acrobatique, il faut consulter l'Art. 32 qui renvoie à l'Art.23 en 23.5 :

23.5. The specific epithet, when adjectival in form and not used as a noun, agrees grammatically with the generic name; when it is a noun in apposition or a genitive noun, it retains its own gender and termination irrespective of the gender of the generic name. Epithets not conforming to this rule are to be corrected (see Art. 32.2). In particular, the usage of the word element -cola as an adjective is a correctable error.

Normalement, on a du en perdre quelques uns en cours de route ! Batista

Et si on lit les exemples, je reste tout seul sur le sujet... Blasé


   Ex.5. Names with adjectival epithets: Helleborus niger L., Brassica nigra (L.) W. D. J. Koch, Verbascum nigrum L.; Rumex cantabricus Rech. f., Daboecia cantabrica (Huds.) K. Koch (Vaccinium cantabricum Huds.); Vinca major L., Tropaeolum majus L.; Bromus mollis L., Geranium molle L.; Peridermium balsameum Peck, derived from the epithet of Abies balsamea (L.) Mill. treated as an adjective.
   Ex.6. Names with a noun for an epithet: Convolvulus cantabrica L., Gentiana pneumonanthe L., Lythrum salicaria L., Schinus molle L., all with epithets featuring pre-Linnaean generic names. Gloeosporium balsameae Davis, derived from the epithet of Abies balsamea (L.) Mill. treated as a noun.
   Ex.7. Correctable errors: the epithet of Polygonum segetum Kunth (1817) is a genitive plural noun (of the corn fields); when Small proposed the new combination Persicaria “segeta”, it was a correctable error for Persicaria segetum (Kunth) Small (1903). In Masdevallia echidna Rchb. f. (1855), the epithet corresponds to the generic name of an animal; when Garay proposed the new combination Porroglossum “echidnum”, it was a correctable error for P. echidna (Rchb. f.) Garay (1953).
   Ex.8. When Blanchard proposed Rubus “amnicolus”, it was a correctable error for R. amnicola Blanch. (1906).

La logique, si j'ai tout bien compris, est que les épithètes de quelque rang qu'ils soient servent à décrire le genre et l'espèce, ils s'accordent donc en fonction de cela. Pour la clarté des choses (je sais que certains seront sceptiques Rolling Eyes ), on insère des "balises" ("connecting terms" comme subsp, var., f. etc.) afin de spécifier le rang taxonomique de l'épithète.

Par exemple, si on écrit Laelia anceps chilapensis, on ne connait pas le rang taxonomique de "chilapensis". Alors que, quand on se fend de Laelia anceps subsp. dawsonii f. chilapensis, on comprend tout.  Salut toi !

Je vous rappelle au passage que tous ces "connecting terms" s'écrivent en minuscule et pas en italiques.

Limpide non ? merci

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